« Une utopie dégénérée est une idéologie sous la forme
d’un mythe[1] »
Putain c’est chiadé ta phrase mec !
Mon parc à thèmes,
Jadis, aujourd’hui…mesure
l’écart, le grand écart du jadis et de l’aujourd’hui, parce qu’aujourd’hui je
te parle de mon parc à thèmes. PARIS. Je pourrais m’étaler sur la question, ah,
Paris, Paris, je t’aime autant que je te déteste vieille pantoufle !
Tes loyers sont hors de prix, ton
fric s’étale comme tapin en vitrine, on y respire l’odeur des bagnoles à
longueur de journée…ça y’est j’ai tout dit ? Non, car ton style de vie
suinte dans tes urbanistiques choix et conceptions.
Tu as Paris une sorte d’hésitation
entre le clinquant acier et verre de la breloque américaine, et
tes vieilles bâtisses de briques rénovées. Sur tes routes haussmanniennes tracées
droites Pompidou[2] colla
des bagnoles par milliers sans oublier ton périf’ qui est le fleuron de la
laideur et de la pauvreté dans l’abondance que tu imposes. Comme pour faire pendant à ces hideuses façades qui ont
ce je ne sais quoi d’inquiétant tu as laissé mourir tes librairies, de
Montmartre en passant par la place de la Sorbonne, les remplaçants par la
bovine présence de vendeurs de jeans et de costumes. Jadis tu pouvais voir en
vitrine le livre d’un vieux métaphysicien obscur et t’en foutre, tu gouttes
aujourd’hui à la marque-Bidon, la marque pour-toi-l’homme, pour-toi-la-femme,
voilà la chose qui t’interpelle plus sournoisement, cette injonction
commerciale te fait chier dans ton froc, t’angoisse et tu supposes bientôt que
le slogan « consommes et tais-toi ! » des soixante-huitards te
sera tatoué sur le corps, si ce n’est déjà fait dans ta chaire. Je nous épargne
le fastidieux inventaire de tes réussites Architecturales, Muséals,
Artistiques, ce que tu veux je m’en fous. Je vois déjà ta propreté quand tu nettoies
tes rues des clodos, des clandos, avec ta frénésie sécuritaire de vieille fille
et Nicolas et Bertrand comme gendre idéal.
Tu peux être fière, cela te fait
un beau zéro d’épaisseur, un beau zéro de ciel et de cris d’enfants, un beau
zéro diaphane dans lequel se perde toutes les âmes qui n’ont plus que des
suppléments à rajouter dans le caddie de leurs existences, de toi l’on ne gardera
rien, et de nous ?
Alors à l’heure de la pleurésie
de la pensée qui part en petit morceau dans ton mouchoir je t’envoie ma carte
postale de Montmartre, j’ai pensé que ça te ferait plaisir, alors voilà. Cette
endroit coquille vide qui ne porte plus que les noms Chevalier de la Barre,
Louise Michel, et si peu déjà les souvenirs d’une commune de Paris réprimée
dans le sang sous la botte Versaillaise, cet endroit disais-je, n’est plus
l’ombre que de lui-même, un parc à thèmes pour la horde hagarde des troupes de
chocs touristiques que des bus dégueulent commeaprès une vilaine biture. En parlant de biture ça tombe bien, c’était la
fête des vendanges la semaine dernière, on pouvait y voir des types
curieusement réjouis, vêtus, bourrés. C’est de la festivité forcée à coup de
subventions et de soutien de boutiquiers qu’est venu cet élan d’hybris forcé,
nullement de la terre et de la réjouissance qu’offrait la joie du boulot
accompli dans les vignes de Montmartre et d’ailleurs. On savait depuis
longtemps que le monde du pinard était devenu une pompe à phynance commeune autre.
Sur ce je te laisse Paris, mais
je te garde à l’œil et m’en vais boire un verre dans ce qui te reste de bistrot
un peu louche et crado. Salut Mickey !
[1] Cf. Utopiques : Jeux
d’espaces. Louis Marin. Ed. De Minuit.1973.
[2] Cf. L’assassinat de
Paris, de Louis Chevalier. Ed. Livrea. 1997.
8/10/2008
Devant la gravitude de la crise phynancière je propose un bref intermède musical qui, j'en suis sûr, fera des heureux, en effet l'heuritude n'est-elle pas n'était-elle pas notre fin à tous ? Contre la gravitude, vive le bonheur, vive l'heuritude! Enfin je veux dire.
Chantons ensemble :
LES CIVILS- La Crise
Je vais sortir ce soir, ce soir Jusqu'au petit matin, matin Pas de boulot pour moi, pour moi Je dormirai demain, demain matin Je sirote un cocktail, un cocktail En écoutant du rock, rock rock Je parle a une fille, belle fille Mais j'ai l'estomac vide, oui tellement vide
La crise économique : c'est fantastique, La décadence : c'est la bonne ambiance
Je vais sortir ce soir, ce soir En écoutant du rock, be bop a lula Pas de boulot pour moi, pour moi Je sirote un cocktail
Je parle à une fille, une fille Jusqu'au petit matin, petit matin Je dormirai demain, demain Mais j'ai l'estomac vide oui tellement vide
Regarde un peu ce look, Ecoute un peu ce son,
Ce soir au Tchad, on crève Mais je m'achète le walkman de mes rêves Haha haha haha
Ce soir au Tchad, on crève Mais je m'achète le walkman de mes rêves
La crise économique : c'est fantastique, La décadence : c'est la bonne ambiance … La crise économique : c'est fantastique, La décadence : c'est la bonne ambiance
Je vais sortir ce soir, ce soir En écoutant du rock, be bop a lula Pas de boulot pour moi, pour moi Je sirote un cocktail
Je parle à une fille, une fille Jusqu'au petit matin, petit matin Je dormirai demain, demain Mais j'ai l'estomac vide, oui tellement vide
Regarde un peu ce look, Ecoute un peu ce son,
Ce soir au Tchad, on crève Mais je m'achète le walkman de mes rêves Haha haha haha
Ce soir au Tchad, on crève Mais je m'achète le walkman de mes rêves
La crise économique : c'est fantastique, La décadence : c'est la bonne ambiance