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 Mon Parc à thèmes

17/10/2008

« Une utopie dégénérée est une idéologie sous la forme d’un mythe[1] »

 

Putain c’est chiadé ta phrase mec !

 

Mon parc à thèmes,

 

Jadis, aujourd’hui…mesure l’écart, le grand écart du jadis et de l’aujourd’hui, parce qu’aujourd’hui je te parle de mon parc à thèmes. PARIS. Je pourrais m’étaler sur la question, ah, Paris, Paris, je t’aime autant que je te déteste vieille pantoufle !

Tes loyers sont hors de prix, ton fric s’étale comme tapin en vitrine, on y respire l’odeur des bagnoles à longueur de journée…ça y’est j’ai tout dit ? Non, car ton style de vie suinte dans tes urbanistiques choix et conceptions.

Tu as Paris une sorte d’hésitation entre le clinquant acier et verre de la breloque américaine, et tes vieilles bâtisses de briques rénovées. Sur tes routes haussmanniennes tracées droites  Pompidou[2] colla des bagnoles par milliers sans oublier ton périf’ qui est le fleuron de la laideur et de la pauvreté dans l’abondance que tu imposes. Comme  pour faire pendant à ces hideuses façades qui ont ce je ne sais quoi d’inquiétant tu as laissé mourir tes librairies, de Montmartre en passant par la place de la Sorbonne, les remplaçants par la bovine présence de vendeurs de jeans et de costumes. Jadis tu pouvais voir en vitrine le livre d’un vieux métaphysicien obscur et t’en foutre, tu gouttes aujourd’hui à la marque-Bidon, la marque pour-toi-l’homme, pour-toi-la-femme, voilà la chose qui t’interpelle plus sournoisement, cette injonction commerciale te fait chier dans ton froc, t’angoisse et tu supposes bientôt que le slogan « consommes et tais-toi ! » des soixante-huitards te sera tatoué sur le corps, si ce n’est déjà fait dans ta chaire. Je nous épargne le fastidieux inventaire de tes réussites Architecturales, Muséals, Artistiques, ce que tu veux je m’en fous. Je vois déjà ta propreté quand tu nettoies tes rues des clodos, des clandos, avec ta frénésie sécuritaire de vieille fille et Nicolas et Bertrand comme gendre idéal.    

 

Tu peux être fière, cela te fait un beau zéro d’épaisseur, un beau zéro de ciel et de cris d’enfants, un beau zéro diaphane dans lequel se perde toutes les âmes qui n’ont plus que des suppléments à rajouter dans le caddie de leurs existences, de toi l’on ne gardera rien, et de nous ?   

 

Alors à l’heure de la pleurésie de la pensée qui part en petit morceau dans ton mouchoir je t’envoie ma carte postale de Montmartre, j’ai pensé que ça te ferait plaisir, alors voilà. Cette endroit coquille vide qui ne porte plus que les noms Chevalier de la Barre, Louise Michel, et si peu déjà les souvenirs d’une commune de Paris réprimée dans le sang sous la botte Versaillaise, cet endroit disais-je, n’est plus l’ombre que de lui-même, un parc à thèmes pour la horde hagarde des troupes de chocs touristiques que des bus dégueulent comme  après une vilaine biture. En parlant de biture ça tombe bien, c’était la fête des vendanges la semaine dernière, on pouvait y voir des types curieusement réjouis, vêtus, bourrés. C’est de la festivité forcée à coup de subventions et de soutien de boutiquiers qu’est venu cet élan d’hybris forcé, nullement de la terre et de la réjouissance qu’offrait la joie du boulot accompli dans les vignes de Montmartre et d’ailleurs. On savait depuis longtemps que le monde du pinard était devenu une pompe à phynance comme  une autre.

 

Sur ce je te laisse Paris, mais je te garde à l’œil et m’en vais boire un verre dans ce qui te reste de bistrot un peu louche et crado.  Salut Mickey !



[1] Cf. Utopiques : Jeux d’espaces. Louis Marin. Ed. De Minuit.1973.

[2] Cf. L’assassinat de Paris, de Louis Chevalier. Ed. Livrea. 1997.

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Catégorie : LA CAGE

 Intermède musical

8/10/2008
Devant la gravitude de la crise phynancière je propose un bref intermède musical qui, j'en suis sûr, fera des heureux, en effet l'heuritude n'est-elle pas n'était-elle pas notre fin à tous ? Contre la gravitude, vive le bonheur, vive l'heuritude!
Enfin je veux dire.

Chantons ensemble :

LES CIVILS- La Crise


                                           
Je vais sortir ce soir, ce soir
Jusqu'au petit matin, matin
Pas de boulot pour moi, pour moi
Je dormirai demain, demain matin
Je sirote un cocktail, un cocktail
En écoutant du rock, rock rock
Je parle a une fille, belle fille
Mais j'ai l'estomac vide, oui tellement vide

La crise économique : c'est fantastique,
La décadence : c'est la bonne ambiance

Je vais sortir ce soir, ce soir
En écoutant du rock, be bop a lula
Pas de boulot pour moi, pour moi
Je sirote un cocktail

Je parle à une fille, une fille
Jusqu'au petit matin, petit matin
Je dormirai demain, demain
Mais j'ai l'estomac vide oui tellement vide

Regarde un peu ce look,
Ecoute un peu ce son,

Ce soir au Tchad, on crève
Mais je m'achète le walkman de mes rêves
Haha haha haha

Ce soir au Tchad, on crève
Mais je m'achète le walkman de mes rêves

La crise économique : c'est fantastique,
La décadence : c'est la bonne ambiance

La crise économique : c'est fantastique,
La décadence : c'est la bonne ambiance


Je vais sortir ce soir, ce soir
En écoutant du rock, be bop a lula
Pas de boulot pour moi, pour moi
Je sirote un cocktail

Je parle à une fille, une fille
Jusqu'au petit matin, petit matin
Je dormirai demain, demain
Mais j'ai l'estomac vide, oui tellement vide

Regarde un peu ce look,
Ecoute un peu ce son,

Ce soir au Tchad, on crève
Mais je m'achète le walkman de mes rêves
Haha haha haha

Ce soir au Tchad, on crève
Mais je m'achète le walkman de mes rêves

La crise économique : c'est fantastique,
La décadence : c'est la bonne ambiance


Auteurs compositeursVincent Ferniot / Frank Kutner / Yvon Labrot / Fabrice Coroneos / J.M.D

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Catégorie : LA CAGE

 Les civils. La crise

8/10/2008
                                                 

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