J’étais sorti avec ma
progéniture, la chaire de ma chaire, qui au bout d’un laps de temps se retrouve
à observer silencieux les bêtes féroces encagées. Dans ce zoo immense perdu là
dans cette ville étrangère en train de regarder abrutis, les bêtes qui crèvent
silencieusement dans leur cinquante mètres carré. Je les observais bien à
tourner en rond dans ce grand aquarium ces magnifiques Dauphins, ou bien ces
primates à grimper au plafond pour saisir les feuilles de l’automne tombées là
sur leur cage. A rester commeavachis,
engoncés, dans leurs corps de bêtes privés de leurs mouvements par les hommes.
Cette utopie de pacotille, cette
mythologie biblique d’arche de Noé sur lequel se fondent les zoos me débecte.
Et je songe au beau filme de Wiseman « ZOO » qui filme
merveilleusement nous autres allant voir ces cages et observer cette souffrance
silencieuse de laquelle se dégage un profond sentiment d’humanité, de
compassion même (n’ayons pas peur des mots).
Ces animaux sauvages privés de tout,
me firent penser aux bêtes sauvages et dangereuses qui vivent là dehors, et, décident
de ficher les prédélinquants avant même qu’ils sachent pisser tout seuls, ceux
qui t’embastillent en comparution immédiate, ceux qui décident des « plans
sociaux », ceux qui décident de surveiller le « citoyen muet » à
coup de caméra, ceux qui viennent mettre dans ta tête des besoins inutiles et
des pseudo désirs, ceux qui font de nous des bêtes malades. Alors après avoir
vu un bison phtisique, un pingouin dépressif et un lynx schizophrène, nous nous
en sommes allés d’un pas leste et décidé boire un chocolat chaud dans un de ces
bars populaires pour voir ce qu’il reste d’humanité.